Jean LORRAIN (1855-1906)

Né à Fécamp (76), Paul DUVAL (de son vrai nom) est fils d'armateur. Lycéen, il versifie. Après un ouvrage publié à compte d'auteur, il collabore à des revues et se crée un personnage, avec une volonté de provoquer le scandale.

Il rencontre Sarah Bernhardt, pour qui il a écrit sans succès quelques pièces de théâtre. Son deuxième roman, Très Russe, manque provoquer un duel avec Maupassant, son camarade d'enfance. Il utilise le pseudonyme de Raitif de LA BRETONNE.

Maison pour Dames

 

Mme Farnier s'amuse à versifier pour tuer le temps. L'épouse du fonctionnaire avignonnais remporte le concours de poésie organisé par la revue Le Laurier d'or. Le succès fait craindre à M. Farnier le "qu'en dira-t-on". Invité à la capitale pour la remise du prix, le couple va souffrir dans ce milieu hypocrite : les intérêts du magazine, les à-côtés futiles et dangereux, l'envie et le désir de nuire, etc.

Lorrain dresse la satire de mœurs dans le milieu de la presse du début du XXe siècle, et pas seulement de cette époque.


Un crime inconnu

 

Ce qui peut se passer dans une chambre d’hôtel meublé une nuit de mardi gras, non, cela dépasse tout ce que l’imagination peut inventer d’horrible ! C’était il y a deux ans, au plus fort de mes troubles nerveux. J’étais guéri de l’éther, mais non des phénomènes morbides qu’il engendre : troubles de l’ouïe, troubles de la vue, angoisses nocturnes et cauchemars : le solfanol et le bromure avaient déjà eu raison de pas mal de ces troubles.

Vite lu n°35


La marchande d'oublies

 

C’était une petite vieille femme à la face rose et unie sous deux bandeaux d’un blond sale ; cheveux teints ou perruque, ils avaient l’air surtout terriblement faux, ces deux bandeaux à la vierge, et tout en elle d’ailleurs avait un air artificiel et fané, qui d’abord amusait à la façon d’une poupée et puis peu à peu, à la longue, intriguait.

Vite lu n°23


La jonque dorée

 

La reine Ti-so-la-é (Aurore des yeux) s'ennuie ; elle rêve d'indépendance et de liberté. Avec la complicité d'un sage, elle imagine s'évader par la voie des eaux vers moins d'obligations et de contraintes.

 

Publié en 1911 et écrit pour distraire les cousines de l'auteur, le conte « japonisant » est perlé de sous-entendus codés.

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